L’appel personnel du disciple

Jésus appelle chacun personnellement. Comprendre l’appel du disciple, demeurer avec le Maître et se laisser transformer.
Dans le plan de salut que Dieu a confié à Jésus, l’appel personnel du disciple occupe une place centrale. Jésus ne bâtit pas son oeuvre en commençant par les foules, ni par les structures, ni par des concepts. Il commence par appeler des personnes concrètes. Avant toute mission, avant toute activité, il y a un appel.

Jésus appelle personnellement ses disciples

L’Évangile nous montre que Jésus prend l’initiative. Il appelle, il choisit, il engage. Le discipulat ne naît pas d’un projet personnel, mais d’une réponse. Jésus monte, appelle, et des hommes se lèvent pour aller vers lui : « Il monta dans la montagne et appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui » (Mc 3,13).

Cet appel est personnel. Il ne s’adresse pas à une foule indistincte. Il rejoint une personne par son nom, dans sa réalité, avec ses limites et son histoire. Dans la session Jean, c’est une vérité fondamentale : Jésus appelle non pas parce que quelqu’un est prêt, mais pour le rendre prêt. Il travaille avec une matière première faite d’ombres et de lumières, de fragilités et de désirs. S’il a pu faire de Jean un disciple bien-aimé, il peut faire la même chose avec chacun de nous.

Être appelé pour demeurer avec Jésus

L’appel du disciple a une finalité immédiate et étonnante : la communion. Jésus ne commence pas par envoyer. Il commence par accueillir. L’Écriture le dit avec une sobriété lumineuse :
« Il en établit douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher » (Mc 3,14).

Avant de faire quoi que ce soit, le disciple est appelé à être avec le Maître. La proximité précède la fécondité. Le coeur du discipulat est relationnel : demeurer, écouter, apprendre, se laisser façonner. Sans ce temps avec Jésus, on risque de s’épuiser, de s’agiter, de faire beaucoup pour porter peu de fruit.

La session Jean utilise une image forte pour exprimer ce besoin vital : la cabane du bûcheron. On y entre non pas pour se reposer, mais pour affiler sa hache. Autrement dit, pour laisser Jésus réajuster ce qui s’émousse dans notre coeur, pour retrouver l’essentiel, pour redevenir disponibles.

Un appel qui engage Jésus lui-même

L’appel du disciple n’est pas seulement une invitation. C’est une alliance. Jésus ne fait pas que convoquer, il s’engage. Il se consacre pour ceux qu’il a choisis :
« Pour eux, je me consacre moi-même » (Jn 17,19).

C’est pour cela qu’il ne se laisse pas distraire par les foules. Il se concentre sur la formation des disciples. Le disciple devient une priorité, parce que la mission en dépend. La session Jean le rappelle clairement : on est d’abord disciple (être), ensuite apôtre (faire). Les apôtres sont choisis parmi les disciples, et la mission d’évangéliser est la conséquence de notre vocation de disciples.

Quand l’appel du disciple devient visible

Un point très concret revient dans la session Jean : être disciple, ça paraît. Le disciple n’a pas besoin de se proclamer. Ce sont les autres qui le découvrent, parce qu’il y a des signes, des attitudes, une manière d’être.

Pierre lui-même a été soupçonné d’être disciple dans une nuit froide, au moment où la peur aurait pu le faire disparaître dans l’ombre. Pourtant, quelque chose le rendait reconnaissable. L’appel reçu laisse une trace. Il façonne les gestes, la parole, les relations, même quand le coeur tremble.

L’appel du disciple transforme toute la vie

Répondre à l’appel de Jésus ne consiste pas seulement à accepter une mission. C’est consentir à une transformation. La session Jean insiste sur le fait que le discipulat se manifeste dans nos relations : avec soi-même, avec Dieu, avec Jésus, avec l’Esprit Saint, avec les autres, et avec le monde. Quand ces relations ne sont pas harmonisées, la vie du disciple devient comme une roue déformée : on avance mal, on s’épuise, on se blesse, on met les autres en danger.

Voilà pourquoi l’appel du disciple est à la fois doux et exigeant. Il ne demande pas une performance, mais une disponibilité. Il ne repose pas sur une perfection préalable, mais sur une docilité. Jésus forme des disciples qui acceptent d’être façonnés, jour après jour.

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